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Comment lire les numéros de recyclage sur un emballage plastique ?

Le petit triangle numéroté sous une bouteille ou une barquette n’est pas une consigne de tri : c’est un code de composition matière, hérité d’une norme américaine. Voici ce qu’il signifie vraiment, et ce qui détermine réellement le bac à utiliser.

La rédaction de TIC Migrations

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10 min de lecture
Emballages plastiques divers avec triangles de recyclage numérotés visibles, posés sur un plan de travail
Emballages plastiques divers avec triangles de recyclage numérotés visibles, posés sur un plan de travail

L'essentiel en 5 points

  • Le triangle numéroté de 1 à 7 sous un emballage indique la composition du plastique, pas s’il est recyclable en France.
  • Depuis l’extension des consignes de tri, la quasi-totalité des emballages plastiques se trient au même bac, quel que soit leur numéro.
  • Les plastiques 1 (PET) et 2 (PEHD) restent les plus simples et les plus rentables à recycler industriellement.
  • Le plastique 3 (PVC) et le 7 (mélanges divers) posent le plus de difficultés et sont rarement valorisés efficacement.
  • En cas de doute sur un objet précis, la consigne locale de la commune prime toujours sur le simple numéro affiché.

Le petit triangle formé de trois flèches, avec un chiffre de 1 à 7 en son centre, orne la quasi-totalité des emballages plastiques du quotidien : bouteilles, pots de yaourt, barquettes, flacons. Beaucoup de consommateurs y voient, à tort, une consigne de tri directe : un chiffre bas signifierait recyclable, un chiffre élevé signifierait poubelle classique. Cette lecture n’est pas la bonne.

Ce symbole, appelé code d’identification de résine, a été créé aux États-Unis en 1988 par l’association des industries du plastique, pour indiquer aux centres de tri la composition chimique exacte de l’objet, afin qu’ils puissent le séparer des autres matières. Il ne dit rien, en lui-même, sur la présence d’une filière de recyclage réellement active près de chez vous. Voici ce que chaque chiffre signifie, et surtout ce qui détermine le geste de tri à adopter en France aujourd’hui.

01 Ce que signifie chaque numéro

Les sept catégories couvrent des familles de plastique aux propriétés très différentes, ce qui explique pourquoi elles ne se recyclent pas toutes avec la même facilité. Le PET (1) et le PEHD (2) dominent les emballages alimentaires et sanitaires classiques, tandis que les catégories 3 à 7 regroupent des plastiques plus rigides, plus souples ou plus composites, souvent utilisés pour des usages non alimentaires ou des objets techniques.

Les sept catégories du code d’identification de résine
NuméroNomUsages courants
1 · PETPolyéthylène téréphtalateBouteilles d’eau et de soda, flacons de sauces
2 · PEHDPolyéthylène haute densitéFlacons de lessive, bidons de lait, bouteilles de shampoing
3 · PVCPolychlorure de vinyleTuyaux, châssis de fenêtre, certains emballages de blister
4 · PEBDPolyéthylène basse densitéSacs plastiques, films alimentaires, sachets souples
5 · PPPolypropylènePots de yaourt, barquettes micro-ondables, bouchons
6 · PSPolystyrèneBarquettes de viande, gobelets jetables, boîtiers CD
7 · AutresMélanges et plastiques compositesEmballages multicouches, certains biberons, objets techniques

Classification par composition matière (norme ASTM), sans lien direct avec l’acceptation en bac de tri en France.

02 Ce qui a vraiment changé : l’extension des consignes de tri

Avant l’extension des consignes de tri, généralisée sur le territoire français au début des années 2020, seuls les emballages en bouteilles et flacons (PET et PEHD, soit les catégories 1 et 2) étaient collectés pour le recyclage. Pots de yaourt, barquettes, sachets et films plastiques finissaient systématiquement dans les ordures ménagères, quel que soit leur numéro affiché, faute de filière de tri capable de les valoriser à l’époque.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui : la quasi-totalité des emballages en plastique, quelle que soit leur forme, se trient désormais dans le même bac jaune, y compris les pots, barquettes, sachets et films. La règle s’est considérablement simplifiée pour le consommateur, ce qui rend le numéro du triangle encore moins pertinent au moment du geste de tri quotidien : l’essentiel est de savoir qu’il s’agit d’un emballage, pas de vérifier son numéro.

Avant et après l’extension des consignes de tri

AAvant l’extension

  • Seuls les bouteilles et flacons (PET, PEHD) allaient au bac jaune.
  • Pots, barquettes et sachets finissaient aux ordures ménagères.
  • Le numéro du triangle avait une influence réelle sur le geste de tri.
  • Consignes variables d’une commune à l’autre.

BDepuis l’extension généralisée

  • Tous les emballages plastiques vont au bac jaune, quelle que soit leur forme.
  • Le tri repose sur la nature « emballage », plus sur le numéro affiché.
  • Les centres de tri séparent ensuite la matière avec des machines optiques.
  • Consigne harmonisée sur l’ensemble du territoire français.

03 Pourquoi certains plastiques restent plus difficiles à recycler

Même triés correctement, tous les plastiques ne se valorisent pas avec la même efficacité une fois arrivés en centre de tri. Le PET (1) et le PEHD (2) bénéficient de filières industrielles matures et rentables, avec une demande solide de la part des fabricants pour du plastique recyclé de qualité constante. Le polypropylène (5), également bien valorisé, complète ce trio des plastiques les plus fiablement recyclés en pratique.

Le PVC (3) pose davantage de difficultés en raison de sa composition chimique, qui peut contaminer un lot de plastique recyclé s’il n’est pas parfaitement séparé, ce qui explique sa faible présence dans les objets recyclés courants. La catégorie 7, qui regroupe des mélanges et plastiques composites très variés, reste la plus problématique : sa composition hétérogène rend le recyclage économiquement peu viable dans la plupart des filières actuelles, malgré un tri correct en amont.

1988 année de création du code par la Society of the Plastics Industry aux États-Unis, à l’origine sans lien avec la France
1, 2, 5 les mieux valorisés PET, PEHD et PP disposent des filières de recyclage les plus matures et les plus rentables
1 bac pour tous les emballages depuis l’extension des consignes de tri, quasiment tous les emballages plastiques suivent la même filière

04 Le cas des objets non-emballages : jouets, meubles, ustensiles

L’extension des consignes de tri concerne les emballages, pas les objets en plastique en général. Un jouet cassé, un ustensile de cuisine, une chaise de jardin ou une pièce de mobilier en plastique, même marqués d’un triangle numéroté, ne vont jamais dans le bac jaune : ils suivent une autre filière, généralement celle des encombrants ou de la déchetterie, où ils sont traités séparément des emballages ménagers.

Cette distinction entre emballage et objet reste la règle la plus utile à retenir au quotidien, bien plus que le numéro du triangle lui-même : un emballage plastique va au tri, un objet en plastique va en déchetterie ou, en dernier recours, aux encombrants. Ce principe rejoint la logique plus large déjà détaillée pour d’autres déchets spécifiques, comme le tri des capsules de café usagées ou celui des piles et batteries, qui suivent chacun leur propre circuit distinct du bac jaune classique.

05 Faut-il rincer les emballages avant de les trier ?

Un résidu léger n’empêche pas le tri, mais un emballage encore rempli de son contenu, comme un pot de yaourt aux trois quarts plein ou une bouteille de sauce non vidée, peut contaminer l’ensemble d’un lot lors du tri mécanique en centre. Un simple raclage à la cuillère ou un égouttage suffisent dans la grande majorité des cas, sans nécessiter un lavage complet à l’eau chaude, qui reste inutile et gaspille de l’eau pour un bénéfice marginal sur la qualité du tri final.

Cette question, souvent source d’hésitation au moment de jeter un emballage, est traitée en détail dans l’article dédié à la question de savoir s’il faut rincer ses emballages avant de les mettre au tri.

Le bon réflexe face à un emballage plastique

  1. 1

    Identifier s’il s’agit d’un emballage

    Bouteille, pot, barquette, sachet ou film : tous vont désormais au bac jaune, sans distinction de numéro.

  2. 2

    Vider et racler grossièrement

    Retirer le contenu résiduel sans chercher un lavage parfait, pour éviter de contaminer le lot de tri.

  3. 3

    Ne pas emboîter les emballages entre eux

    Séparer les éléments de matières différentes, comme un pot et son opercule en aluminium, quand c’est facile à faire.

  4. 4

    Vérifier la consigne locale en cas de doute

    La commune ou Citeo restent la référence finale pour un objet ambigu, avant de trancher soi-même.

  • Un emballage plastique, quel que soit son numéro, va au bac de tri depuis l’extension des consignes.
  • Un objet en plastique dur (jouet, meuble, ustensile) suit la filière déchetterie, jamais le bac jaune.
  • Un raclage léger suffit ; un lavage complet à l’eau chaude n’est pas nécessaire.
  • En cas de doute persistant, la consigne de la commune ou de Citeo prime sur toute autre indication.

06 Réduire le plastique reste le geste le plus efficace

Même dans les meilleures conditions, une part significative du plastique collecté n’est pas recyclée à l’infini : chaque cycle de recyclage dégrade légèrement la qualité de la matière, ce qui limite le nombre de réutilisations possibles avant qu’elle ne devienne inutilisable pour un nouvel emballage. Réduire la quantité de plastique consommée à la source, en privilégiant le vrac, les contenants réutilisables ou les emballages en verre quand c’est possible, reste plus efficace que de compter sur le recyclage seul pour limiter l’impact environnemental.

Cette priorité à la réduction plutôt qu’au recyclage rejoint la logique déjà présentée pour d’autres gestes du quotidien, comme le choix d’un matelas écologique ou la fabrication d’une lessive écoresponsable maison, qui réduisent l’emballage à la source plutôt que de simplement mieux le trier après usage.

Le triangle numéroté reste une information utile pour comprendre la matière d’un objet, mais il n’a jamais été conçu comme une consigne de tri française. Retenir la distinction entre emballage et objet, et se référer à la consigne locale en cas de doute, permet de trier correctement sans avoir à déchiffrer un code technique conçu pour l’industrie plutôt que pour le geste quotidien.

Questions fréquentes

Le numéro sur un emballage plastique indique-t-il s’il est recyclable en France ?

Pas directement. Ce numéro indique la composition chimique du plastique, une information conçue pour les centres de tri industriels. En France, depuis l’extension des consignes de tri, la quasi-totalité des emballages plastiques se trient dans le même bac, indépendamment de ce numéro.

Tous les emballages plastiques vont-ils désormais au bac jaune ?

Oui, dans la grande majorité des cas depuis l’extension généralisée des consignes de tri : bouteilles, pots, barquettes, sachets et films plastiques suivent tous la même filière, sauf indication contraire explicite de la commune.

Un jouet en plastique cassé peut-il aller au tri sélectif ?

Non. Seuls les emballages sont concernés par le bac jaune. Un jouet, un ustensile ou un meuble en plastique, même marqué d’un triangle numéroté, suit la filière déchetterie ou encombrants, distincte du tri des emballages ménagers.

Pourquoi certains plastiques comme le PVC sont-ils moins recyclés ?

Le PVC (numéro 3) a une composition chimique qui peut contaminer un lot de plastique recyclé s’il n’est pas parfaitement isolé, ce qui rend son recyclage plus complexe et moins rentable que celui du PET ou du PEHD.

Faut-il laver un emballage plastique avant de le trier ?

Un raclage ou un égouttage léger suffit généralement. Un lavage complet à l’eau chaude n’est pas nécessaire et gaspille de l’eau, sauf pour un résidu particulièrement collant ou abondant qui pourrait contaminer le lot de tri.

Le plastique se recycle-t-il à l’infini comme l’aluminium ?

Non. Chaque cycle de recyclage dégrade légèrement la qualité du plastique, ce qui limite le nombre de réutilisations possibles avant qu’il ne devienne impropre à un nouvel emballage, contrairement à l’aluminium qui se recycle sans perte de propriétés.

Pour aller plus loin, sources et références

  • ADEME : Agence de la transition écologique https://www.ademe.fr/
  • Citeo : éco-organisme du tri et du recyclage https://www.citeo.com/
  • service-public.fr https://www.service-public.fr/
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